Le carnaval en Allemagne

Le carnaval en Allemagne est la plus grande fête païenne de l'année, ceci depuis la nuit des temps. Des différences profondes existent dans la manière de fêter le carnaval. On peut distinguer principalement trois carnavals : le carnaval alémanique, le carnaval bavarois et le carnaval rhénan.


Le premier, celui de la Forêt-Noire, revêt un aspect mystérieux qu'on ne trouve nulle part ailleurs en Allemagne. Durant cette période, toutes sortes de personnages apparaissent. Dieux ou démons, sorciers et sorcières, affublés de masques de bois, sculptés et peints à la main, sont des pièces uniques. Il existe quantité de petites cités, où le carnaval obéit à des coutumes très particulières. Prenons l'exemple du village de Grosselfingen, non loin du château de Hohenzollern.
carnaval Allemagne
Ici, tous les cinq ans, au moment du carnaval, siège le très honorable Tribunal des Fous formé uniquement de membres de la Confrérie de Grosselfingen. Tous portent de fastueux costumes sortis à cette occasion de la garde-robe. L'origine de ces habillements remonte au 15ème siècle. Il est interdit de les porter en d'autres circonstances et en dehors de la limite de la ville. La population entière participe aux manifestations. Tôt le matin, on célèbre une messe solennelle à la mémoire des membres défunts de la Fraternité. L'après-midi, des esprits, tout de blanc vêtus, parcourent les rues du village en faisant claquer leurs long fouets. Ils annoncent la venue d'un cortège dans lequel se retrouvent nobles seigneurs, belles châtelaines portant diadème ou hennin, soldats aux uniformes éclatants, bouffons et turlupins cabriolants, graves docteurs, magistrats, artisans et ouvriers d'autres temps
Le cortège se dirige vers le demeure du prince des fous qui, traditionnellement, doit saluer la foule d'un retentissant : «Bonjour mes frères». Sur la place du marché, on procède à la proclamation de la République des Fous et il est donné lecture publiquement de la constitution. A partir de cet instant, chaque personne trouvée dans la rue démunie du Passeport des Fous se voit trainée devant le Tribunal des Fous qui siège dans un local obscur auquel seuls les initiés trouvent accès. Les accusés peuvent se faire défendre par un Rhétoricien, mais rares sont les acquittements.

On le voit, ces jeux obéissent souvent à de très anciennes coutumes. Tout le village y participe et personne ne se risquerait sans être travesti. Tout le monde est, bien sûr, au rendez-vous quand les capturés condamnés sont jetés sans pitié dans la Fontaine des Fous sur la place du marché.

Le carnaval alémanique ou Fasnet (11 Février au 17 Février 2010) a ses foyers historiques à Rottweil, Fribourg, Villingen-Schwenningen ou à Constance, Les festivités carnavalesques mènent crescendo au Mardi Gras (16 Février 2010), lorsque le grand défilé traverse la ville. A minuit, les festivités s’achèvent par un grand feu auquel on livre les effigies bourrées de paille des esprits malins
.

A Munich, le carnaval offre ce caractère bon enfant et haut en couleurs qui rappelle, avec ses réjouissances spectaculaires, la fête de la bière. Les déguisements et les décors sont fort admirés. Chaque corporation et chaque administration a son propre bal. C'est ainsi que, à partir du 7 janvier jusqu'au Mardi Gras, on compte plus d'un millier de manifestations carnavalesques dont plusieurs centaines de bals masqués, certains, très huppés, répartis sur une quarantaine des meilleurs établissements de la ville, grands hôtels y compris. Pendant ce temps, dans les Alpes, le carnaval à ski, attraction très prisée, fait la joie des hivernants.

Les festivités de «München Närrisch» (Munich en folie) se déroulent dans la zone piétonne le dimanche 14/02/10 (Faschingssonntag), le lundi
15/02/10 (Rosenmontag) ainsi que le mardi 16/02/10 (Faschingsdienstag) avec musique, costumes et danses. Une des plus belles attractions du carnaval se déroule le 16/02/10, Mardi Gras, sur la place du Marché des Victuailles avec la «Danse des bonnes femmes du marché» à onze
heures du matin.


Mais qui n'a pas vu le carnaval rhénan n'a rien vu. Il faut le vivre dans ses fiefs à Cologne, Mayence et Düsseldorf pour n'en citer que les plus importants. Dès novembre, plus précisément le 11/11 à 11heures 11, les nombreuses sociétés de carnaval ouvrent la saison. Mais à partir de janvier, et au fur et à mesure que s'approche la période du carême, les villes rhénanes semblent secouées d'un vent de folie. Il est normal alors de compter 20 à 30 manifestations carnavalesques dans la même journée et pour une seule ville. Il faut signaler une particularité du carnaval rhénan : ce sont les assemblés au cours desquelles sont débattus sous forme humoristique toutes les petites et grandes affaires ou scandales de la ville; du moins ceux qui ne portent pas atteinte à la réputation d'autrui.

La parole est donnée au critique professionnel installé sur un haut pupitre et, au milieu des rires de l'assistance, le bourgmestre et son conseil qui en entendent parfois de dures. Ce en quoi tous ces fous ne sont pas aussi fous que l'on peut bien le dire. En alternance avec ces palabres, sont présentées sur une immense scène toutes sortes de facéties, voire des numéros de music-hall. Dans certaines salles, jusqu'à 3000 spectateurs assistent à ces spectacles.

Avec le « plaisir de s'amuser » les choses sont vraiment sérieuses: A Cologne, le carnaval des femmes (Weiberfastnacht), comme son nom indique, concerne essentiellement des femmes. En toute évidence, ici à Cologne, depuis des générations, elles savent ce qu'est l'émancipation. Seulement, ce jour-là, elle le montrent bien en invitant les hommes à une Kölsch (bière rousse brassée uniquement à Cologne) ou bien en embrassant sans façon ceux qui leur plaisent ou encore en coupant les cravates de leurs collègues ou supérieurs. Le cortège du Lundi des Roses (Rosenmontag) est le point culminant.

Ce cortège monstre qui défile durant des heures, rassemble des centaines de chars, de fanfares, de personnages avec toute sortes de costumes, applaudis par des centaines de milliers de spectateurs.

Cette fête continue dans une liesse générale, toute la nuit et le jour suivant, dans les cafés, les restaurants, les bals et les discothèques et ne cesse que le Mercredi des Cendres au lever du jour. Puis on reprend avec gravité, et comme si de rien n'était, les taches sérieuses interrompues par le grain de folie du carnaval.

Le coup d’envoi du carnaval rhénan, qui se déroule du 11 Février au 17 Février 2010, est donné par une multitude de réunions et de bals costumés qui préparent le jour J de chaque saison, le Lundi des Roses, le 15 Février 2010. Ce sera le jour des défilés de fanfares bariolées et de chars somptueusement décorés, au passage desquels on lance l’un des cris de carnaval (« Alaaf » à Cologne, « Helau » à Düsseldorf et Mayence, mais chaque ville a le sien) en espérant recevoir sur la tête une pluie de caramels et d'autres sucreries. Les «Jecke» ou Fous animent les chars, dans la suite du couple princier du Carnaval, ou se mêlent à la foule en liesse qui borde les rues. Le mardi 16 Février se terminera sur le traditionnel bal, réservé aux plus fêteurs des fêtards, et le mercredi des cendres (17 Février), on servira du poisson dans tous les restaurants de la ville.